Le Bulletin d'information

  • Le Bulletin que nous présentons ici est le "Bulletin d'information" semestriel que publie en espagnol le monastère de Cantalapiedra pour faire connaître lui-même la vie et l'oeuvre de sa fondatrice. Ce bulletin contient une petite étude doctrinale, des témoignages, sur sa vie, ou des témoignages d'actions de grâce.

 

  • Il peut être commandé au monastère, à l'adresse indiquée dans le menu "Liens" ci-dessus. Le dernier paru est le Bulletin n°94, correspondant au premier semestre 2018. En voici un extrait, portant sur le témoignage d'une religieuse qui a connu la M. Amparo :

Notre très chère, inoubliable et jamais assez regrettée Mère fut l'instrument dont Dieu se servit pour le salut d'un très grand nombre d'âmes... Comme toutes les grandes âmes, elle vécut toujours cachée aux regards du monde ; c'est pourquoi certains ne la connurent pas et d'autres ne voulurent pas la connaître, ni d'une manière spéciale ses filles chéries, qu'elle a tant aimées, en nous infusant son esprit, car avant de nous recommander la pratique d'une vertu, elle nous précédait par l'exemple ou par la prière. Qui donc, en voyant son capitaine aller de l'avant au combat ne s'encourage pas à le suivre ? Elle fut toujours malade et la plupart du temps couchée, et pourtant, en dépit de cela, elle ne cessa jamais d'accomplir admirablement sa charge d'Abbesse. Non seulement en se chargeant des nécessités matérielles et économiques, qui passaient toutes par ses mains mais en s’appliquant aussi, par tous les moyens, à ce que l'observance régulière soit appliquée avec toute la perfection possible dans la communauté.

 

   Non seulement nous autres, ses filles, nous participions de l'influence de cette créature angélique, mais nos familles elles-mêmes et tous ceux qui la voyaient étaient saisis par ses enchantements célestes. Ils avaient peine à se séparer d'elle, et n’avaient d’autre désir que de la revoir : « La Mère est toute simplicité, il n'y a aucune duplicité en elle ». Et d'autres religieuses clarisses qui lui rendirent visite déclarèrent : « D'un moment passé avec la mère, nous avons tiré plus de fruit et nous avons davantage appris que lors d'une retraite spirituelle ; si notre couvent ne se ressaisit pas, nous viendrons ici ». Et l'on pourrait citer d'innombrables exemples de ce genre, de la part de toutes les personnes qui eurent le bonheur de la voir et de lui parler, car toutes sortaient du parloir avec la même impression de consolation et de paix dans l'âme, causée par la présence et les paroles de notre mère bénie. Un prêtre très sage et de grande autorité dans l’exercice du gouvernement, qui accompagnait un évêque, lors de sa visite de la communauté, déclara : « Ce qu'est la supérieure est quelque chose d'admirable, formidable ! »

 

   Parmi les vertus qu'elle nous recommandait le plus figurait la sainte pauvreté, comme il convient à des filles de saint François et de sainte Claire, car elle disait que c'est le fondement de notre état religieux. Elle nous invitait à aimer beaucoup cette vertu et à la pratiquer, en nous donnant mutuellement l'exemple avec le soin et le détachement qu'elle avait elle-même à l'égard de tout. Elle éprouvait une très grande peine lorsqu'elle commettait quelque faute en ce domaine, car son application s'étendait aux choses les plus insignifiantes, telles qu'une petite image, un morceau de fil, etc. Elle s'était tellement exercée dans l'excellente vertu d'obéissance depuis qu'elle eût l'usage de la raison qu'elle ne concevait pas que quelqu'un puisse commettre des fautes en ce domaine. Il lui était si naturel d'obéir qu'elle dit un jour : « J'ai pu commettre beaucoup de péchés [cela doit s'entendre par humilité], mais je n'ai jamais omis de faire ce que me commandaient mes supérieurs ». Lors de sa visite pastorale, l'évêque déclara qu'il était très édifié par l'obéissance qu'il avait vue chez notre sainte mère. C'est pourquoi, avec l'ardeur avec laquelle elle aimait et pratiquait cette vertu, elle nous l'inculquait, comme un moyen infaillible de notre sanctification. « Mes filles - disait-elle - l'âme qui veut avancer dans la perfection doit écarter de soi toute faute et toute imperfection volontaire, si légère soit-elle. Si elle ne le fait pas, elle ne changera pas, car notre Seigneur la privera de nombreuses grâces et elle n'atteindra jamais la perfection. »

 

   Une autre vertu qu'elle nous recommandait était le silence intérieur et extérieur, de parole et d'action comme moyen de parvenir à l'union à Dieu. Elle insistait aussi sur l'assistance ponctuelle aux actes de communauté, car elle disait qu'en arrivant en retard, nous perdions de nombreuses grâces, et notre mère, chaque fois que l'apaisement de ses douleurs le lui permettait, ne manquait jamais de les présider, en dépit du travail extrême qui était le sien. De même, elle ne manquait jamais de célébrer le chapitre le vendredi, même s'il lui fallait s'aliter ensuite, et elle ne le supprimait que lorsque les douleurs les plus aigues la maintenait prostrée dans son lit. Toutes les règles de la modestie religieuse se retrouvaient chez notre sainte mère. Elle unissait la simplicité à la facilité de parler, de marcher, de sourire avec naturel. Tous ses gestes étant empreints d'une finesse et d'une délicatesse si extraordinaires, que jamais je n'ai vu une créature réunissant en elle des qualités si attrayantes et si simples en même temps. Sa seule présence causait une consolation et une joie telles que seule l'obéissance et les sons de la cloche parvenaient à nous séparer de notre chère mère. Et si nous ajoutons à ces enchantements personnels ses paroles, nous aurons en notre mère un reflet de Jésus-Christ, car non seulement ses consolations, ses conseils et ses mises en garde mais même ses reproches et ses corrections  étaient chez notre sainte mère une doctrine, qui toujours nous éclairait et nous encourageait à marcher vers la perfection.

 

   Et que dire de l'humilité de notre très humble mère ? Il suffit de dire que son humilité et son anéantissement furent tels, que c'est à cause d'elle que notre Seigneur se servit d'elle pour élever cet édifice matériel qui toutes nous enthousiasme tant [NdT : le monastère de Cantalapiedra] et, à l'intérieur de lui, tant d'édifices spirituels qui seront dans la gloire autant de pierres précieuses de sa couronne royale. Et comme son esprit demeure dans cette maison, dans ses filles, tant que cette grande oeuvre qui est la sienne durera, toutes celles qui nous suivront seront elles aussi son oeuvre. La foi, l'espérance, la douceur, la patience, la compassion, occupaient une grande partie de son coeur. La courtoisie, l'ordre, la propreté, la tenue, en définitive tout chez notre mère était parfait, car elle réunissait toutes ces qualités. Dieu a voulu faire d'elle l'enchantement de tous ceux qui la connaissaient et l'approchaient.

 

   Sa dévotion à la très sainte Vierge s'unissait à une très grande confiance en cette grande Dame, à laquelle elle recommandait tous ses travaux. Elle faisait de même à l'égard du grand saint Joseph, qu'elle nous montra comme le maître et le directeur de nos âmes, car elle nous disait : c'est le grand maître de la vie intérieure. L'ange gardien, nos saints patrons et les anges étaient de sa part l'objet d'une dévotion spéciale.

 

   Le Coeur divin de Jésus fut l'objet privilégié de la tendresse de notre mère depuis l'enfance. Elle y trouvait le lieu de son repos, la source où elle goûtait les saveurs divines et l'école où elle apprenait ce langage céleste et cette prudence, cette discrétion et ce discernement dans le langage, dans la consolation, dans le conseil, les ordres, les corrections et jusque dans sa façon de se taire et d'attendre qu'admiraient les personnes les plus sages et les plus autorisées. Sa charité la maintenait toujours en éveil et en prière, priant Dieu pour notre bien spirituel et temporel, car son souci qu'il ne nous manque rien du nécessaire s'étendait à l'excès, et nous voyons bien, jusqu’à aujourd’hui, que, par la miséricorde de Dieu, nous n'avons jamais manqué du nécessaire. De son amour enflammé de Dieu naissaient ces vifs désirs de ce que les âmes connaissent l'amour qui brûle dans le Coeur divin, et que tous lui correspondent par le même amour.

 

   Elle ne toléra jamais, dans la communauté, sous aucun prétexte, la plus légère faute de charité, car cela la blessait au plus intime de son coeur. La charité étant ce qu'elle aimait le plus et désirait le plus dans sa sainte maison, les fautes contre cette vertu étaient ce qui la faisait le plus souffrir et ce qu'elle corrigeait le plus.

 

   L'acuité de son discernement, dans les conseils qu'elle donnait ou dans les consolations qu'elle apportait aux âmes était telle que tous ceux qui la consultaient ou communiquaient avec elle, quittaient sa présence à ce point consolés et dans une telle admiration qu'ils ne pouvaient que s'exclamer : il ne fait aucun doute, compte tenu du baume qu’elle sait poser sur les blessures de chacun, des remèdes si efficaces qu’elle recommande et de ses prédictions, qui n’ont jamais manqué de se réaliser, que cette âme est privilégiée par un don spécial de Dieu, qui lui fait voir l’intérieur des âmes.

 

 

[Témoignage de Sr María del Camino del Santísimo Redentor]

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